DRAMA/SCIENCE-FICTION/SERIES AMERICAINES

Iron Fist : un coup de poing dans l’eau

La chaine de vidéo à la demande, Netflix, est une habituée des adaptations de comics en séries télévisées. Après Daredevil, Luke Cage et Jessica Jones, elle revient cette fois-ci avec Iron Fist -Le Poing d’Acier-, mais réussit difficilement à convaincre…

Iron Fist

Marvel’s Iron Fist : héros hybride en manque de spectaculaire

Porté disparu avec ses parents à la suite d’un accident d’avion suspect, Danny Rand -alias Iron Fist- revient à New-York 15 ans plus tard, bien décidé à reprendre ce qui lui appartient : les parts de l’entreprise de son père. Héritier légitime d’une firme pesant plusieurs millions, il lui faudra cependant batailler pour la récupérer. En effet, l’associé de son père a légué la compagnie à son fils et sa fille, qui ne sont autres que les amis d’enfance de Danny (vous me suivez ?). Incrédules, il faudra bien quelques péripéties avant que ceux-ci constatent qu’il est bien celui qu’il dit être…
Face à ce scénario, on ne peut difficilement s’empêcher de penser à Batman, tant pour le drame familial dont ils ont tous deux été témoins, que pour leur classe sociale similaire. Si des divergences existent -notamment sur la façon d’utiliser l’entreprise pour leurs quêtes-, le personnage de Iron Fist souffre de la comparaison : peu de charisme, des intentions difficiles à cerner (sur lesquelles nous reviendrons) et des capacités moins spectaculaires.

Les flash-backs qui ponctuent toute la saison nous apprennent progressivement que Danny a été recueilli et entrainé par des moines après avoir survécu miraculeusement au crash de son avion. Cela l’a conduit non seulement à devenir un spécialiste des arts martiaux, mais aussi le super héros qu’il est aujourd’hui. Durant ces 15 longues années, il a vécu coupé du monde, entrainé pour combattre une menace plus grande du nom de « La Main ». Tout comme The Arrow, son parcours initiatique s’est fait loin de son pays et de sa culture d’origine, souvent par l’utilisation de la force et pour une cause supérieure. Les différents protagonistes (bons comme mauvais), impliqués dans cette cause, sont peu développés, ce qui permet de faire durer le suspense, mais empêche parallèlement tout approfondissement. Le traitement de cette intrigue principale, même si superficielle, permet de garder le spectateur en haleine. Les intérêts des personnages semblent parfois entremêlés et permettent quelques rebondissements agréables…même si pas toujours très plausibles.

Des personnages et une intrigue superficiels 

Ceci étant, le traitement des personnages dans leurs individualités, et notamment celui de Danny, pêche quand même par son aspect sommaire. D’abord pieds nus, vêtu de haillons, il dit ne pas soucier du bien-être matériel. Néanmoins, il souhaite récupérer l’entreprise de son père, qui lui conférerait un pouvoir économique certain. Ni totalement hippy, ni totalement corporate donc… Seulement, à force de n’être « ni-ni », on a du mal à comprendre ses intentions et son cheminement intérieur. L’envie de trouver les meurtriers de ses parents, l’espoir de les retrouver, son rôle et sa responsabilité d’Iron Fist… beaucoup d’éléments de sa personnalité sont évoqués mais peu sont réellement approfondis. Ne serait-ce que sa réadaptation au monde actuel, à la ville, aux relations humaines aurait pu être une formidable matière pour rendre le personnage intéressant. A côté de cela, la série se concentre sur l’organisation terroriste « La Main », et sa potentielle ambivalence. Ni vraiment satisfaisant, ni totalement désintéressant. Les amis d’enfance de Danny sont peu traités individuellement et sans grande subtilité et nuance -avec une mention spéciale pour le cliffhanger final, qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Seul personnage qui sort du lot : l’ancien associé de la famille Rand, considéré comme mort au début de la série et dont on apprend très rapidement la « résurrection ». Personnage décalé, à la fois effrayant et comique dans ses excès (dont on ne sait si c’est voulu ou non), quelques unes de ses apparitions rendent l’ensemble plus facile à regarder, un peu plus imprévisible, et, finalement, un peu plus drôle…

En bref, certains super-héros ont une originalité et une profondeur que l’on ne peut nier. Avant Iron Fist, Netflix a adapté Jessica Jones, personnage impulsif que les faiblesses rendaient attachantes. En ce qui concerne le Poing d’Acier, l’originalité est plus difficile à trouver…
De plus, la série n’a rien d’exceptionnel dans ses intrigues : pas désagréable, elle conviendra parfaitement pour un binge-watching du dimanche, sous la couette, après une soirée trop arrosée. Pour le reste, je souhaite que la série The Defenders, qui réunira les 4 super-héros Marvel, et dont la sortie est prévue cet été, fasse 4 fois mieux…


Crédits photos : Netflix

Publicités

Réagissez

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s