SCIENCE-FICTION/SERIES AMERICAINES

American Gods : quand les Dieux se battent entre eux

Alors que Neil Gaiman montait cette année les marches du Festival de Cannes pour l’adaptation d’une de ses nouvelles intitulée « How to talk to girls at parties », l’adaptation en série de son roman fantasy « American Gods » est depuis quelques semaines sur Starz, chaine payante américaine et sur la plate-forme Amazon Prime. Starz, qui a déjà diffusé plusieurs séries particulièrement réussies comme The Girlfriend Experience, ou Boss, revient avec cette nouveauté mystérieuse et agréablement originale!

De quoi ça parle ? 

Pour qui n’a pas lu le livre (dont je fais partie), l’histoire est a priori simple : un détenu dénommé « Ombre » (Shadow Moon dans la version originale) est libéré de prison. A sa libération, il apprend le décès de sa femme et de son meilleur ami. Dans l’avion qui l’amène aux funérailles, Shadow va alors rencontrer « Voyageur » (Wednesday, dans la version anglaise, qui fait directement référence au Dieu Odin, dont le jour est le mercredi). Cet étrange Voyageur va l’embaucher comme garde du corps pour une quête dont on ne sait pas grand chose. Ayant divers rendez-vous à travers les Etats-Unis, Shadow le suit en découvrant des personnages et en se confrontant à des situations défiant l’imagination …. Le début nous perd et éveille notre curiosité habilement, et il faut bien quelques épisodes pour y comprendre quelque chose. L’histoire commence alors à prendre son sens. La fin du premier épisode nous avance un peu plus dans ce brouillard complexe mais accaparant. Shadow se fait enlever dans une limousine où apparait un individu appelé « Le Technicien ».  Dans une vision tout à fait loufoque, digne d’un trip sous LCD (non) LSD et avec grands renforts d’images de synthèse, il est finalement laissé pour mort. Shadow commence alors à se demander si ce qu’il voit est réel ou est le fruit de son imagination. Rien n’est fait pour le rassurer. Son compagnon de route et employeur lui laisse le choix de croire qu’il est fou, ou que tout est possible…

La quête et le road movie 

american_gods

Primo, ça rigole pas trop trop…

Commence alors le périple en question. Si l’on en sait peu sur la volonté de Voyageur et sur ses raisons, on comprend rapidement qu’il prépare une guerre contre les « Dieux Modernes ». Ces Dieux modernes sont incarnés par la télévision, internet, le téléphone portable… toutes ces avancées technologiques qui font notre monde et dont nous sommes, si ce n’est esclave, bel et bien dépendants. Intelligente et pertinente, la série peut aussi être vue comme une métaphore du conflit actuel qui existe entre les croyances ancestrales, mythologiques, fondées sur la foi, et celles liées au progrès. Ici, les Dieux font de la résistance, et ils sont prêts à attaquer !

Une histoire des Etats-Unis

Face à ce synopsis, viennent s’ajouter des apartés et des prologues, qu’il n’est pas toujours évident de rattacher au récit principal. Souvent sous la plume d’un écrivain noir dont on ignore l’identité, une scène du passé refait surface : l’auteur nous offre sa vision des USA, dont la violence fait intrinsèquement partie. Les dieux sont d’ailleurs emprunts de cette violence : souvent belliqueux, vulgaires, machistes.

Une expérience sensorielle

Ce qui frappe visuellement dans la série, c’est le traitement de l’image : beaucoup de gros plans, quelques slow motions… l’expérience sera sensorielle ou ne sera pas ! La magie des Dieux passe par là ! Parfois poétique, ce traitement amène de l’originalité au récit et plonge le téléspectateur dans cette atmosphère tantôt pesante, tantôt lugubre, tantôt légère. On pensera à la regrettée (snif) Sense 8, qui nous offre, dans un autre genre, une volonté d’expérience similaire. Les images de synthèse, qui contrastent avec des moments où il n’y en a aucune, sont révélatrices de la part de fantastique du récit, d’une identification du monde « invisible », « magique ». Les néons, la musique composée de cuivres ou alors électronique, rajoutent à la bizarrerie et au mystérieux de la situation. Les excès de la mise en scène servent aussi l’humour du récit, tout comme les personnages. Le Dieu Moderne « Média », apparait par exemple d’abord sous les traits de l’actrice Lucille Ball, puis sous les traits de Ziggy Stardust.

Quelle conclusion ? 

La saison 1 offre un bilan positif. Si l’acteur qui joue Shadow Moon (Ricky Whittle), est assez irrégulier selon qu’il joue un mari veuf et amoureux, ou selon qu’il incarne un garde du corps, la série bénéficie de l’aura de Ian McShane. Elle fait, de plus, la démonstration d’une certaine audace et d’une histoire dense et fantastique très plaisante. Si l’opacité des personnages et du récit peut lasser, le retour (attention : spoiler !) de l’épouse de Shadow Moon amène une respiration au récit en même temps que plusieurs intrigues commencent à se débloquer. On peut alors se raccrocher au road-trip de Laura Moon, en attendant l’affrontement qui se prépare…


Crédit photo : Amazon/Starz

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